Crédits : Sean Cackoski
📅 18, 19, 20 février
📍MC2 – Scène nat. de Grenoble
📅 1er avril
📍 Cons. Régional de Chalon-sur-Saône
📆 17, 18, 19 juin
📍 Théâtre – Scène nat. de Mâcon
NOTE D’INTENTION par Parelle Gervasoni
L’écriture de Ma Chair s’est faite comme une démangeaison. Dans un monde où il nous faut nous montrer toujours plus forts, toujours plus imperturbables, faisons une pause : montrons-nous vulnérables. Et pour moi, la plus épidermique des vulnérabilités se trouve à deux endroits : dans la mémoire et dans le regard.
La mémoire, parce qu’elle est imparfaite. C’est une narration, sélective et incomplète. C’est un regard qui zoome. Qui réécrit. Qui amplifie ou ampute. Qui transforme ou censure. La mémoire nous raconte : c’est pour notre bien. Pour une réalité vécue, plusieurs points de vue, plusieurs mémoires, plusieurs histoires. Il faut dire aussi que la mémoire et ses troubles m’ont toujours fascinée : le désir de ne perdre aucune miette de ce que l’on a vécu, le doute d’avoir bien vécu ce qui n’est déjà plus, la peur de n’avoir aucune preuve de ce que l’on a été… Un souvenir est-il une preuve suffisante d’un moment vécu ? Est-ce que ça s’est vraiment passé tel que ma mémoire me le présente ? Ai-je rêvé ? Inventé ? Construit ? ➠➠➠➠
➥ J’aurais dû ajouter plus haut un troisième « endroit » de vulnérabilité : l’amour. Eh oui. Pour ce faire, je me suis inspiré de la plus grande histoire d’amour qui mette au centre le regard : l’histoire d’Orphée et Eurydice. Je me suis demandé ce que pouvait bien symboliser le regard d’Orphée. Comment ce héros qui a bravé les Enfers et dupé un cerbère a-t-il pu craquer si près de la sortie ? À cause d’un bruit qu’Eurydice aurait fait ? Forcément, sa faute à elle. À cause d’une crainte de ne plus l’entendre ? Mouais, facile. Si les mythes sont à la base de notre culture, je me dis que c’est particulièrement évocateur que l’une des plus grandes histoires d’amour relate l’histoire d’un regard masculin – d’un male gaze dirait-on – qui a un pouvoir de vie ou de mort sur sa bien-aimée qu’il est allé réveiller d’entre les morts. Interrogeons-nous sur les fondations de notre apprentissage à interagir et à aimer. Parce que : d’Eurydice, qu’en sait-on vraiment ? Pas grand-chose. D’Orphée, beaucoup. Il est poète-musicien, petit-fils de Mnémosyne, la déesse de la Mémoire. C’est exactement ce qu’il me fallait, merci Ovide.
L’écriture de Ma Chair joue de clins d’œil au cinéma, et en particulier au thriller Memento de Christopher Nolan Lire plus...














